— Would you like some help ?
— No thank you old chap, I think it's alright…
…
— Oh excuse me old chap ! Normally I'm pretty good !
— I don't care what you normally are ! You just bumped into my boat !
les départs, les amis. toujours ça. où que je tourne mes yeux, parmi ce monde encore lumineux, je ne peux voir que ça. des départs, il y en a de toutes sortes, partout, autour de nous. nous
encerclant, nous contemplant avec des yeux avides. nous menaçant, parfois. moi, ils me charment. ils me séduisent, m'entraînent. un jour, ils me prendront par la main et m'emmèneront très loin.
alors, quels départs ?
ceux des autres, d'abord. je les regarde partir. ceux que j'aime. ceux qui m'ont tout appris. parfois, j'ai encore trop besoin d'eux. d'autres, pour lesquels c'est dans l'ordre des choses.
pourtant, ils partent, eux, adultes parés du charme de leur expérience, de toute leur gentillesse, auréolés de leur enseignement qui me sera toujours utile.
il y a les autres, ceux dont la séparation arrive nécessairement au bout d'une année scolaire toute jolie. année où la classe a appris à se connaître. à s'aimer et à se soutenir dans l'adversité
d'un ennemi commun (pas difficile de deviner de qui je parle). ceux qu'on regrettera, quand même, parce que, grâce à eux, la vie de cette année a été plus facile.
il y a les départs métaphoriques. il y a le changement. les changements. le mien, les miens. à accepter. à subir. à apprécier à leur juste valeur.
il y a le départ, le vrai. les vacances. on est heureux que ça arrive, certes. mais de moins en moins heureux, semble-t-il, avec les années. dur à accepter, cette rupture. changer de monde, faire
basculer l'horizon, donner de nouvelles couleurs au soleil que l'on trouve le matin au réveil. autres lieux, autres sourires. ils vont à Berlin. elle va en Grèce. je vais en Corse. nous allons à la
campagne.
il y a les départs, les vrais. le mien. Une minute pour se faire la belle… un jour, je dégage. un jour, vous ne me verrez plus. un jour, j'attrape l'ukulele, je claque la porte et je saute dans un
train. je vais apprendre le tchèque à Prague, je vais oublier jusqu'à mon propre nom aux Etats-Unis, je vais me perdre loin, très loin.
et tout cela, bien sûr, sans dire au revoir. comment on dit au revoir, au fait ? dites-moi, quelle langue inventer pour ça? quels mots aligner ? quelle musique infliger à sa voix pour dire ces
choses si difficiles à dire ? comment trouver la force de les prononcer, les paroles d'adieu ?
moi, si je m'en vais, je vous le dis tout de suite, je ne dirai pas au revoir. tout au plus quelques accords lumineux d'ukulele. je verrais bien
C-C7-Em-Calt-F-Fadd9- je viendrai jouer
The Penalty sous vos fenêtres, promis. je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, mais je crois que c'est une chanson qui
parle de quelqu'un qui a très envie de s'en aller, et que d'autres cherchent à retenir.