Ne t'ai-je pas créé, n'ai-je pas baptisé ton ombre et ton amour, n'ai-je pas fait de toi, de tes yeux de Lune, de ton corps, mon rêve ? Idéal silence d'une nuit qui ne
cessera plus de tomber, un crépuscule aussi clair et épris que les lueurs troubles de l'aube.
N'ai-je pas baptisé ton ombre et ton amour, n'ai-je pas choisi le nom qu'ils porterait, ce coeur que je trouvai un jour comme nous cueillons des fleurs pour décorer leurs tombes ?
J'ai éraflé par ce geste le bout de mes doigts sur une pierre trop dure à tailler. Je n'ai pu en faire l'économie. Mais les mots sont éteints et la pierre brisée, fendue peut-être par cet éther de
glace.
Les étoiles vont en cercle, tu ne briseras pas leur danse.
Je ferme mes paupières, impose nuit et brume à mes yeux aveuglés, ne reste plus, sentier de lumière, qu'un vague souvenir de toi. Lointain ressac des vagues alors que tu t'éloignes.