Tout droit, je marche. Tout droit, je suis les sentiers que trace la faible lueur de la lune. D'une main assurée, j'écarte les branches dont l'ombre foisonnante se présente à moi. La feuillée
me harcèle de frémissements auxquels ma respiration haletante semble donner écho.
Tout droit, je marche. Sans regarder derrière moi. Les yeux lavés de toute présence lumineuse, plus rien que le noir inaltérable devant moi.
Avance, avance.
Et soudain, la terre. La jachère. Une amorce d'horizon qui m'effraie. Un large espace vide, cerné par les arbres.
Immobile.
Je regarde à travers l'espace immobile.
Arnaud Cathrine,
L'Invention du père, 1999.
Monsieur Cathrine, l'un de mes écrivains préférés à ce jour, laissez-moi vous remercier : sans vous, sans
Les Yeux secs,
La Route de Midland, et surtout
Sweet Home,
je crois que je ne serais rien. j'ai tant appris auprès de vos livres, qui me suivent encore avec la même intensité, la même violence silencieuse que lorsque je les ai découverts, lorsque j'ai
eu cette chance.
dire que vous êtes l'écrivain que je voudrais devenir, est-ce que cela a vraiment un sens ?
merci Maître Cathrine, merci pour tout ce bonheur.
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