Samedi 7 juin 2008

"Quand le sage montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt" ?
quelle Lune à montrer ? si seulement…
ma vie, fragmentée, éclatée entre mille bulles pleines de cette sève… qui est moi, qui est "moi", je te poursuis, je veux te connaître et tu m'échappes…
je vis, c'est sûr, dans un monde plein d'inconnu. devant moi, sous mes pieds à chaque pas, l'inconnu, le mystère s'ouvre, et pourtant des portes ne cessent de se refermer.
lundi, je bataillais devant Paul-Bert, défendant une cause que je croyais et crois toujours juste.
mardi, je m'improvisais reporter, et devais en supporter les amères conséquences.
mercredi, je m'effondrais.
jeudi, je relevais un peu la tête, je travaillais assidûment, comme si j'y croyais encore.
vendredi, j'attendais, longuement, sans trop savoir que faire de moi. vendredi encore, j'annonçais de bonnes nouvelles autour de moi, pourtant je devais me faire engueuler pour ça, le lendemain.
vendredi plus tard, je vous suivais dans la ronde des fées, en un soir d'été…
samedi, je gratouillais avec passion un minimachin à quatre cordes, et je m'autoproclamais, avec autorité, ukeuse.
samedi plus tard, je parlais de choses vraies, sincères et touchantes, avec Elle. je riais de mauvaises blagues sur un fromage bien connu, au goût indéterminé, dont je tairai le nom. je regardais dix fois le ciel.
et maintenant, me voilà.
à côté de moi dans le métro, Cendrillon monte en courant les escaliers, petits pieds chaussés de satin et longs cheveux de soie. je marche vite à côté d'elle. Cendrillon fait face à la solitude, car elle a vieilli elle aussi, perdu la fraîcheur de son premier bal peut-être. elle court dans la hantise des douze coups dont l'écho la fait encore frémir. d'autres soirs oubliés, d'autres nuits d'été passent auprès d'elle et ne la touchent plus. comme des vagues ils viennent mourir sous ses pieds. Cendrillon, dans l'escalier de son immeuble, joue à l'enfant, escalade la rampe et glisse pour sauver un peu de temps. mais l'odeur de la cendre lui brûle déjà les doigts.
A, A#, F, G7, les accords tournent dans ma tête, une petite musique dont les accents désespérés me serrent la gorge. je promets à ceux qui veulent un récital privé, quand je saurai jouer un peu plus de 4 accords.

And this weak and idle theme,
No more yielding but a dream,
Gentles, do not reprehend.
If you pardon, we will mend.
par mina
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