Mercredi 30 janvier 2008
je fais un petit patchwork de ces derniers jours, juste pour voir, juste pour dire… voilà.

le ciel est au bout de nos doigts, les rêves d'éternité nous quittent mais restent les fougasses étoilées.
je veux bien ne pas avoir le choix si c'est pour rester avec toi et aller rôder dans des couloirs presque trop familiers… réévaluer les distances et les êtres, oh, que la vie a changé… des gros mots par-ci par-là, un crétin qui lève un bras au milieu de la cour. elle comprendra, n'est-ce pas ?!
la beauté du jour, le temps retrouvé.
les coeurs qui se brisent, les mains qui se retrouvent ?

les cafés sans café à 5 euros, la salle d'un petit théâtre, le métro trop souvent, on finit par en prendre, des belles habitudes…
la classe et les sourires, la 1ère L2 comme une alchimie fortiche, enfin, j'y crois, j'aime qui vous êtes, les uns tous seuls et tous ensemble. votre sourire lorsqu'il fait si froid ; le roux ; le métro tous ensemble. dire que ça a du sens. être avec vous, me féliciter avec vous que ça soit fini, préfaces de romans du 19ème, TPE, tout ça, gnagnagna. votre sourire alors qu'il fait si froid :)

elle a dit : "il y a des moments qui n'ont pas besoin de paroles", et elle a disparu dans un couloir de ce fameux métro. et c'est de ça dont je me souviendrai maintenant. heureusement que toi. oui, je peux répéter, si tu veux : heureusement que toi, quoi.
(asyndète ? :D)

les yeux au ciel, le ciel un petit peu vide peut-être. je voudrais être avec toi.
dois-je te les rappeler ? "même s'il pleut sur Kennedy Airport, nous dansons sur les toits du 218 Adam Streeeet, moi Robeuuuuurt, toi Liza…"
"J'espère qu'au ciel, des diables malins coupent aux anges leurs ailes, pour que tu retombes, du ciel, dans mes bras ouverts, cadeau providentiel…"
"I feel you, Johanna…", même si on n'a pas adoré le film.
je t'aime et, comme elle dit, j'ai de la chance de t'avoir, je l'avoue, je le revendique même. na =P

lui qui ne s'intéresse à moi que lorsqu'il a quelque chose à me demander, tiens, bizarre, je m'y étais habituée. pourtant le souvenir de nos mains ensemble me revient et m'obsède. j'aime ta silhouette familière. j'aime que tu me dises au revoir de loin en effleurant du bout des lèvres le bout de tes doigts. c'est étrange, j'aime ta façon de me dire au revoir, je serais prête à aimer même te voir partir tellement c'est déjà pas mal de t'aimer un peu à ma façon. si j'avais le choix tu sais bien ce que je ferais. je pourrais même t'offrir Finale si tu me laissais faire.
tu me suis ? je veux dire, ce n'est plus seulement que je me sens seule sans toi, c'est un petit peu plus.

So far away
Come on I'll take you far away
Let's get away
Come on let's make a get away

Once you have loved someone this much
you doubt it could fade
despite how much you'd like it to
God how you'd like it to fade

If we get away
You know we might just stay away
So stay awake
Why the hell should I stay awake?
When you're far away
Oh god you are so far away

bon, bref. je sais que j'aurai beau t'appeler, tu ne m'entendras pas, est-ce que je crie dans le vide ?

Elle avait pourtant cru que, entre mille autres trajets qui se rencontraient ici et là, il était impossible d'y perdre ses pas. Lui pourtant marchait comme s'il en avait perdu le fil : les yeux fermés sur le vide qui s'offre à ses mains, son corps de funambule tendu sur une corde invisible. Pas un homme, une silhouette. Pas sa présence, son absence.

des crises d'égocentrisme, ça arrive. avoir envie d'être heureuse, de sentir la vie profondément au fond de soi, vous savez, c'est plus que légitime. retrouver un semblant de vie où les jours ont un sens, où les instants ont une existence fragile.
luv you all the same.tamanoir.jpg
en allemand ça se dit Ameinsenbär. si si.
par mina
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Mercredi 23 janvier 2008
fantome1.gif
aujourd'hui, j'ai cru voir un fantôme.
peut-être que je l'ai rêvé ?
peut-être que je t'ai rêvé ?
si c'est pour croiser encore ton sourire, fantôme,
je veux bien croire que tu existes.
c'est vraiment toi ?
j'en ai perdu le souffle…

ils croisent notre chemin et nous quittent,
on dit souvent ça des anges.
je ne peux pas encore y croire,
je voudrais que tu me rendes mon souffle,
nous jouons encore à contre-temps…
après tout ce temps perdu… à essayer de retenir ta main,
à forcer ton regard vers cette même pluie,
je ne veux plus jamais chercher frénétiquement ta trace,
si mes pas doivent se perdre sans toi…
par mina
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Mardi 22 janvier 2008
il y a un truc qui cloche, se dit-elle.
non, sinon, ça va, et toi ? dit-elle avec ce fichu sourire.
j'ai envie de me barrer, dit-elle à demi-mots.
demi-mots, c'est mignon ça, non ? j'imagine de petits êtres malhabiles — les mots, courant dans un monde plus pur sur leurs petites pattes.
enfin, à demi-mots, disparaître, le bonheur c'est peut-être ça, un immense machin incompréhensible, fait de petits morceaux et de petites déchirures, qu'on accumule, qu'on renonce un jour à coudre ensemble, qu'on veut un jour laisser derrière soi, couper leurs ailes à ces anges qui y laissent des plumes…
je n'arrive pas à me débarrasser de ce vieux sentiment.
tout ce que je fais en a le goût fané, cette odeur impuissante des roses qui meurent sur leur tige.
pourtant le ciel bleui semble me sourire, pourtant le rosier jaune sur mon balcon reprend des forces et fait une magnifique fleur d'hiver.

Je tourne en rond. Dans le mauvais sens.
(un immense merci à la personne qui a écrit ça. je te l'emprunte, excuse-moi, je suis tombée sous le charme, tu vois… et je me demande encore : pourquoi moi ?! et je n'ai pas fini de m'en souvenir :) )

je suis sûre que c'est à cause de La disparition de Richard Taylor, livre-choc — claque de la semaine, c'est sûr. je l'ai fini, samedi matin, dans le bus. machinalement, j'ai attrapé mon iPod, j'ai fait tourné la merveilleuse machine à musique aléatoire — et j'ai écouté In the Backseat d'Arcade Fire, qui, je trouve, va très bien avec ce livre, les amateurs comprendront. j'ai fait semblant de m'en foutre, comme souvent, mais Richard Taylor m'a accompagnée toute la semaine, et le poids de sa vie disparue a aussi pesé sur la mienne. j'avais l'impression de voir Richard Taylor errer sous la pluie, traînant le poids de sa vie morte, de ses yeux morts, de ses pas perdus — avec moi, même s'il ne pleut pas ces jours-ci. c'est pareil.
disparaître : "Tokyo maman Tokyo", dixit Richard Taylor. je la veux bien, moi, la recette magique, si quelqu'un l'a déjà trouvée.

il y a Jules et Jim, aussi. Catherine, elle, a essayé plusieurs fois de partir. il y a Les Espions de Fritz Lang, mon dieu mais que c'est beau le cinéma muet !, il y a Out of Africa, bref, je passe mon temps à regarder des films, à sentir une émotion sincère. enfin !…

il y a René Char, toujours lui :
Résistance n'est qu'espérance. Telle la Lune d'Hypnos, pleine cette nuit de tous ses quartiers, demain vision sur le passage des poèmes.
(Feuillet d'Hypnos n°168)
(les ES de passage sont autorisés à se servir de ça pour leur commentaire composé ^^)

il y a ça aussi, dimanche, absurde tentative d'aller voir une expo avec mes parents — mes deux parents. Nogent, c'est joli, je pense. ces jardins qui descendent en pente longue vers la Marne… juste un peu gris, ce jour-là. et un peu triste de faire semblant d'y croire.
il faut que je raconte un épisode déplorable, aussi, même si ce n'est pas très reluisant.
Nogent, c'est en pente, donc. dans la rue principale, un petit garçon s'énerve sur son vélo, il n'arrive pas à démarrer (oui, comme dans la chanson de Bénabar). il râle et traîne son vélo.
— Tu veux un coup de main pour démarrer ?
— …
Et là, il fond en larmes, saute de son vélo et part en courant, l'air désespéré.
— …
— Pitié, me dites pas que c'est de ma faute. Je lui ai juste demandé si je pouvais l'aider à repartir…
— Oh, cherche pas plus loin, il devait être furieusement vexé, répondent en choeur mes parents.
Merci de me remonter le moral. How nice !
moi aussi, j'ai eu envie de courir très loin de mes parents, dans le grand jardin, qui descend vers la Marne, la Marne bleue des jours d'été.
tout ça pour m'entendre dire en rentrant à paris :
— tu es bizarre, toi, quand même ! tu avais l'air contente d'être avec nous, et tu ne nous as pas dit un seul mot !
— …

il y a ça, aussi. village de la Drôme auquel je pense très très fort en ce moment, encore sûrement la faute de ce fichu Richard Taylor qui n'en a pas fini de disparaître. pourquoi j'y pense, pourquoi ça fait mal de revivre tout cela, pourquoi je supporte pas "la reconstruction de mon passé" ? (TPE attitude). les souvenirs reviennent, les sourires ressuscitent entre les pierres pleines de soleil, les amandiers, les sources, le Jabron et les armoiries d'une famille de chevaliers attestée depuis le 14ème siècle. yeah.

puygiron-8.jpg

il y a toi à qui je dis ce que tu avais sans doute déjà compris, toi et tes éternelles promesses de fougasse même si je ne peux pas toujours dire oui. et pourquoi, d'ailleurs, pourquoi je suis pas venue manger fougasse + fondant avec toi ce midi ?! je me demande, franchement ! :(
bref, toi, et tes grands yeux bruns que j'aime, que je ne voudrais pas voir pleins de larmes, mais que j'imagine pourtant, comme si je les voyais au loin, comme si je les devinais dans un vague brouillard.
malheureusement, il n'y a pas de vie sur Mars.
malheureusement, c'était plus simple, avant, même au collège, pas besoin de rêver sur nos huit ans et quelques… mais cette vie-là tombe en poussière, tu vois bien… et la seule solution, c'est de continuer, d'affronter ça, même si c'est pas facile : just keep on runnin', at last we'll find somewhere to come and breathe as we never did before…
qu'est-ce que je pourrais te dire encore ?
Ich bin noch da und schon weg, que j'ai vaguement essayé de te traduire ce matin ?
en russe ça donnerait… ia ichio tout, no oujé ouchla…
(et après on s'étonne que j'aie un accent merdique ^^)
ou bien ça :
I'm not half the man I used to be
There's a shadow hanging over me



allez, STOP. maintenant, c'est fini. on continue à vivre, ma karinechérie, ma ptite lanadorée, ensemble, équipollentes comme jamais, à trois on est plus fortes.
(Sweeney Todd vendredi après les cours ?! :D
une ptite barbichette par-ci, une ptite barbichette par-là, couic couic :D :D)

je termine sur Char encore, et cette fois-ci je te dédie cela, J. :
Toute la masse d'arôme de ces fleurs pour rendre sereine la nuit qui tombe sur nos larmes.
(Feuillet d'Hypnos n°109)
par mina
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Jeudi 17 janvier 2008
j'ai laissé le temps traîner, ces derniers jours, j'ai même abandonné tout espoir d'avoir un jour ce merveilleux pouvoir : le temps.
le temps, je le perds, je le sème en graines stériles, je l'éparpille comme une boule de neige.
à Noël (anecdote véridique, je le jure), j'avais demandé, même supplié, que l'on m'offre les deux seules choses dont j'avais besoin — dont j'ai encore besoin : le temps, la paix.
le reste… je m'en fous.
bon. ce n'est peut-être pas très juste de raisonner comme ça, mais c'est pourtant bien le sentiment : une lourde vague grise passe, la lame se brise et me recouvre, et quand il n'en reste qu'un peu d'écume, je dis : "j'ai perdu mon temps".
(ou l'art de la métaphore filée ridicule)
je voudrais avoir mieux rempli cette semaine, vous savez. dire, avec enthousiasme, regardez tout ce que j'ai fait depuis jeudi dernier ! je voudrais avoir un texte à vous faire lire, par exemple.
ce n'est pas le cas.
en fait, je crois que j'ai été totalement anéantie cette semaine. incapable de faire un pas de plus. incapable de moduler un véritable son dans ma voix, le vrai son de ma voix, je crois que je l'oublie.
c'est étrange, ce grand vide sidéral, c'est comme si j'avais pris une énorme claque. et pourtant… dimanche soir, je suis allée écouter Arnaud Cathrine (si si), dans un café, loin dans le 11ème… pitié, pas besoin de poser la question, c'était juste merveilleux. assise dans la petite salle du sous-sol où on tenait tout juste, sur un vieux fauteuil de velours éraflé qui me rappelait plein d'autres univers, pleins d'autres soirs dans la pénombre, c'était comme être tombée au fond d'un trou et là, réapprendre, tout simplement. Les histoires de frères, mais quel texte magnifique ! surtout lu par ces deux-là, Sylvain Dieuaide (déjà vu, déjà adoré, vivement la prochaine fois) et Arnaud Cathrine lui-même. rien que le son de leurs deux voix, rien que les mouvements minimaux de la lumière, rien que les mots de la nouvelle. rien que le voir, lui, même si j'ai lamentablement pris la fuite lorsqu'on m'a très gentiment proposé de me le présenter. je rêve. désolée, je ne pouvais pas, c'est tout.
et enfin, bondir de joie dans le métro, courir enfin à la librairie en face de chez moi, toujours ouverte à huit heures du soir un dimanche :

— Il me faut un livre d'Arnaud Cathrine, s'il vous plaît, n'importelequelçam'estégalArnaudCathrines'ilvousplaît !!

ben quoi, je l'ai eu mon livre :) c'est tombé sur La disparition de Richard Taylor. inutile de dire que c'est génial, what else ?

Leonard Cohen, qu'en penserait-il ? (The Stranger Song) :
I know that kind of man, it's hard to hold the hand of anyone, who's reaching for the sky just to surrender.
(…)
And taking from his wallet an old schedule of trains, he'll say, I told you when I came I was a stranger.
(…)
You've seen that man before, his golden arm dispatching cards, but now it's rusted from the elbow to the fingers.


Leonard Cohen repart en tournée, à plus de 70 ans, et moi j'ai toujours pas commencé à avoir le début de l'espoir d'une idée. life is great.
Je réapprends la sensation, je crois. C'est un mouvement général : oublier le souvenir, réapprendre la sensation, oublier l'image, revivre l'air que je respirais, le ciel que je côtoyais.
Je suis assise sur un banc dans le noir, des nuages pressés filent dans la cour du Méridien, le jour n'est pas encore levé, les lumières du lycée le remplacent.
Je descends l'escalier à pas de loups, je guette à la fenêtre le givre dans l'herbe, je sens l'hiver et l'humidité de la campagne comme un souffle sur mes lèvres.
Je suis assise sur un rocher tout chaud, étourdi toute la journée de soleil. Le soleil faiblit, justement, le ciel est orange sur la terrasse. Je marche à l'ombre des sentiers de l'herbe, qui coupent les mollets, je chante à tue-tête en regardant de haut le monastère sur la colline d'en face. Je vis comme je n'ai jamais encore vécu, je vis comme si ces souvenirs d'Espagne ne devaient pas disparaître à jamais.
Je marche sur une plage en gris et bleu, j'avale le vent, goûlument, comme pour ne plus avoir si soif…
Je suis seule sur un pont de Paris, et je compte les Lunes qui passent.
Je suis recroquevillée au fond de ce lit, terrifiée par le bruit régulier de la lampe qui refroidit (si si, il paraît que c'était cela), qui résonne autour de moi comme une corde de guitare que quelqu'un pincerait dans le noir infini.
Je marche sur les quais dans le soleil d'une fin d'après-midi d'été. Le soleil que je sens jusqu'au bout de mes doigts, la fraîcheur de la Seine, qui me semble une de ces rivières de province que l'on découvre sans s'y attendre dans le creux d'un village.
Je me débats mais une main m'entraîne vers les balançoires, je préfèrerais les champs secs des amandiers de Puygiron.
Je suis couchée dans un pré constellé de goutelettes, la campagne à mes pieds, le ciel encore, l'univers que mon coeur réclame quand je suis loin de lui.
Je suis des yeux la ligne floue des immeubles, les horizons inconnus de Paris. Je ferme les yeux.

Ferme les yeux, et ces souvenirs — ces sensations — s'emplissent d'une indissociable violence. J'ai alors le sentiment que je suis longtemps passée à côté de toute cette violence, quand je ne sentais pas l'angoisse, l'attente, la honte, le refus, la peur. Tous ces mots qui me sont venus au moment même où ces images commençaient à s'effacer, à rejoindre un bon paquet d'ombres, "une fameuse gorgée de poison" (Rimbaud encore). Pourquoi les souvenirs se taisent-ils alors que je peux maintenant les comprendre, les aimer peut-être, les comprendre encore, et ne pas tout à fait finir de les comprendre ? Sans doute parce qu'aujourd'hui, j'ai le sentiment de leur violence — sensation est violence, souvenir est impression, bavardage est inutile, bref… J'ai évité bien des tempêtes, à l'époque. Le silence a donc servi à cela — m'apprendre à me souvenir. Vertige sans fin de réapprendre la mémoire. Je me souviens maintenant. Ces souvenirs en "je" mineur, je les ai regagnés. Comme si je devais vivre avec elle. La mémoire. La mémoire du bout des doigts.
par mina
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Jeudi 10 janvier 2008
Matin

N'eus-je pas une fois une jeunesse aimable, héroïque, fabuleuse, à écrire sur des feuilles d'or. — trop de chance ! Par quel crime, par quelle erreur ai-je mérité ma faiblesse actuelle ? Vous qui prétendez que des bêtes poussent des sanglots de chagrin, que des malades désespèrent, que des morts rêvent mal, tâchez de raconter ma chute et mon sommeil. Moi, je ne puis pas plus m’expliquer que le mendiant avec ses continuels Pater et Ave Maria. Je ne sais plus parler !
Pourtant, aujourd’hui, je crois avoir fini la relation de mon enfer. C’était bien l’enfer ; l’ancien, celui dont le fils de l’homme ouvrit les portes.
Du même désert, à la même nuit, toujours mes yeux las se réveillent à l’étoile d’argent, toujours, sans que s’émeuvent les Rois de la vie, les trois mages, le coeur, l’âme, l’esprit. Quand irons-nous, par-delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, adorer — les premiers ! — Noël sur la Terre !
Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves, ne maudissons pas la vie.

Arthur Rimbaud - Une saison en enfer.

ma lananou que j'aime,
these words are for you.
you don't even need to say "I want", and I don't even need to say "I promise", for I'll always be with you.
whatever happens we'll stay hand in hand and face together that terrible life.

undefinedRimbaud par Ernest Pignon-Ernest — je l'aime lui (Rimbaud) :)
par mina
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Mercredi 9 janvier 2008
SIMONE1.gif
mon héroïne du 20ème siècle.
bon anniversaire Grande Simone =)

par mina
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Mardi 8 janvier 2008
bon. il n'y a pas de vie sur Mars, je crois (filons donc la métaphore, pour ceux qui ont suivi, depuis l'article de la dernière fois). les sondes Machin-chose l'ont bien montré. un somptueux désert de sable rouge, certainement pas d'autres étoiles à observer de là-bas.

Life goes by, things fall from somewhere, deep inside those blue clouds you don't even want to believe. life goes by, then runs away. things that you keep tearing apart… and you won't even try and catch them, just let them go away, just say you don't care, just keep quiet, just tell your lips to keep silent when they want to scream.

then don't say you feel alone anymore.

voilà, j'y arrive pas, je crois que c'est clair. il se passe toujours tellement de choses quand je ne suis pas là. il suffit que je détourne le regard, et voilà qu'une vie passionnante m'échappe, me file entre les doigts, comme si je ne la méritais pas.

ça doit être pour ça que j'écris des textes sur des filles solitaires. histoire de… changer d'air ? haha. très drôle.

Tout droit, elle marche. La nuit s'évanouit autour d'elle. Des odeurs troubles montent du fleuve. Elle suit les lumières de la Seine, qui la guident vers ces jardins suspendus dans le noir, les quais. Tout droit, elle marche, vers le fleuve.
Je la suis, loin derrière elle, assez proche pour l'apercevoir tout juste. Je la suis, m'arrête avec elle sur le pont. Je la sens inspirer le même air, les mêmes souffles froids que je respire.
Elle continue. Ses mains se crispent. Je devine qu'elle hésite dans l'ombre. Le froid vient. La nuit est complète à présent, elle marche, elle a le souffle court. Elle descend sur le bord de l'eau, longe les bateaux qui se balancent paresseusement. Elle remonte les quais dans la fraîcheur des coins oubliés. Je distingue à peine les branches des acacias qui cernent le ciel, et au-delà, libèrent Paris, Paris qui disparaîtra si elle continue à marcher.
La ligne des immeubles se trouble après que nous avons quitté la dernière rue, derrière nous, derrière notre ombre qui s'effile dans le noir.
Elle a trouvé l'endroit idéal, après avoir tant couru. Elle s'arrête, elle crie dans le noir. Je vois ses yeux se fermer, comme si elle tombait dans le noir, dans ce cri qui résonne contre l'eau, contre les acacias, contre la Seine qui l'enserre et voudrait la protéger. Elle tourne vers moi des yeux brisés.
Elle s'assied par terre et ne bouge plus. L'obscurité s'éteint contre elle, contre son corps blotti tout près de la rivière.
Je ne bouge pas. Sur le pont, je la regarde s'endormir. Les bruits de la ville s'assourdissent.
Je voudrais fermer moi-même ses paupières. Je voudrais être la main qui se posera demain sur son épaule et lui dira : "C'est l'aube". Je voudrais veiller sur la nuit qu'elle va peut-être passer là, seule dans son lit de pierre près de la Seine. Et ses regards éteints qui toujours s'abandonnent. Et ses mains maladroites toujours vers les étoiles.
Je la quitte là, sur ce pont. La nuit reprend ses droits sur elle, je lui la laisse. Je reviens, je marche comme elle dans les rues de la ville. Je marche, tout droit, rues immobiles et désincarnées. La Lune n'est pas encore levée, mais elle baigne déjà de son silence cette nuit loin d'elle.
Les étoiles crèvent. La nuit est complète, la Seine évanouie.

hulul-3.jpgje m'en vais faire du thé aux larmes.
vous connaissez Hulul ? un livre pour enfants, encore un qui a beaucoup compté pour moi ;)
par mina publié dans : textes en vrac
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Lundi 7 janvier 2008
pourquoi… j'ai plus le courage ?
pourquoi… mes yeux se ferment et n'ont pas envie de se rouvrir ?
pourquoi… j'ai peur ?
pourquoi… je veux pas y retourner ?
je veux pas y retourner.
pitié ! :(

il y a de la vie sur Mars, à votre avis ?
je partirais bien là-bas, moi, marcher dans un océan de sable rouge, dans le jour brûlant, la nuit glaciale. juste… pour sentir… au bout de mes doigts… et dans tout mon corps… que je suis en vie.

les bouteilles à la mer, elles arrivent aussi sur Mars ? ;)


Tais-toi et va réviser ton oral de français !…

j'ai tout de même hâte de vous revoir. ça sert à ça, aussi, le lycée…
luv
par mina
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Vendredi 4 janvier 2008
(voir le commentaire de Camille, sur l'article de dimanche 23, À la fin tu es las de ce monde ancien)

oh, camille… j'hallucine devant mon écran d'ordi, je n'ose pas y croire, et pourtant si, il est là, c'est le plus beau commentaire de tout ce misérable blog, je l'ai relu tant de fois que je le connais par coeur :)
je suis vraiment heureuse de découvrir que ce que j'écris trouve un écho en toi, c'est vraiment tout ce que j'espérais en créant ce blog. je me reconnais entièrement dans ce que tu écris : le plaisir solitaire des blogs, qui, lui, ne porte pas à conséquence, juste rester planqué derrière un écran, et à travers lui découvrir un monde, des mots, croire découvrir un être en l'espionnant un peu… je connais ça, j'en suis même une fervente adepte, mais heureusement que certains ont le courage de passer au-delà et d'écrire, comme tu l'as fait. moi aussi, je suis pas à pas, régulièrement, les mots de camille sur son blog, toujours enthousiaste de lire ce que tu écris, toujours ravie de le trouver à chaque fois plus passionnant. mais moi, je tourne en rond dans l'ombre, on va dire ;)
je vois que les doutes, les désespoirs quotidiens, ce tourbillon qui nous tombe dessus un peu chaque jour, nous touchent toutes les deux. je pense que tu sais à quel point ça peut être violent… destructeur… heureusement qu'il y a aussi de petits bouts d'espoir de temps en temps !
les textes des "Hommes Mythes" nous aident, je crois. ils nous tendent la main, nous invitent à les rejoindre, nous crient, du haut de leurs étoiles, des paroles d'encouragement. et puis heureusement qu'ils sont là, comme un refuge réconfortant, quand on a envie de détourner des yeux dégoûtés de ces lignes, encore les mêmes ratures et l'élan qui s'assèche.
j'ai besoin, je t'assure, que quelqu'un me dise "n'arrête jamais d'écrire, surtout n'arrête pas !"
je te retourne cette phrase, parce qu'elle m'a fait du bien et parce qu'elle devrait devenir notre doctrine. (elle fait partie de mes bonnes résolutions pour chaque nouvelle année, depuis… toujours… c'est dire !)
c'est peut-être plus simple qu'on ne le pense, tu ne crois pas ? :)
je garde ton commentaire avec moi, précieusement, même jalousement, comme un témoignage de courage. on peut y arriver, je te le promets.
merci, petite inconnue (?) que j'espère tellement mieux connaître. et bon courage. et merci encore. et bonne année ma belle, une grande année d'écriture pour nous deux.
;-)
par mina
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Mardi 1 janvier 2008
undefined
je vous souhaite une belle année 2008 :)
j'espère que vous avez passé une bonne dernière soirée de 2007 ! je pense que je vais un peu regretter cette année, mais bon, j'ai décidé d'être optimiste — ça fait partie de mes bonnes résolutions — et donc que 2008 serait une année magnifique.
2008 SERA une année magnifique :)

voilà une chanson que j'écoutais ces derniers temps, elle me semble bien convenir à ces rêves de bonheur, d'optimisme.

Cat Power - Maybe Not
there's a dream that I see, I pray it can be
across the land
shake this land
a wish or a command
a dream that I see
don't kill it, it's free
you're just a man
you'll get what you can
we all do what we can
so we can do just one more thing
we can all be free
maybe not with words
maybe not with a look
but with your mind
but listen to me
don't walk that street
there's always an end to it
come and be free, you know who I am
we're just a living people
we won't have a thing
so we've got nothing to lose
we can all be free…
you've got to choose a wish or command
if the turn of the tide is weathering thee
remember one thing
a dream you can see
pray it to be
shake this land
we all do what we can
so we can do just one more thing
we won't have a thing
so we've got nothing to lose
we could all be free…
par mina
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